Journée d’études
Repenser l'erreur en traduction
4 septembre 2026
En psychanalyse, les erreurs dans notre expression ouvrent une porte vers une vérité inconsciente : on parlera d’acte manqué. Terme qui est lui-même, issu d’une erreur… de traduction. Qui, aujourd’hui n’en est plus une, mais donne à ce terme français une connotation différente de l’allemand Fehlleistung. En français, ce mot même de traduction est né d’une erreur… là aussi de traduction. En histoire de l’art, les cornes sur le front du Moïse du Michel-Ange, erreur de traduction, là encore, ont contribué à en faire une des œuvres majeures de la statuaire occidentale… En pédagogie, l’erreur, même banale, est ce qui nous fait avancer. Et il faudrait continuer à en dire du mal !?
Quant à notre actualité quotidienne, n’est-elle pas saturée de productions ou déclarations qui remettent en cause le statut, non plus de l’erreur, mais plutôt de ce qui nous permet, ou permettrait, de la cantonner à ce statut : la vérité, le réel, le référent, sous le coup des hallucinations de l’intelligence artificielle (IA) et autres vérités, alternatives, en passant par les obsessions paranoïaques et complotistes.
Enfin, en traduction professionnelle, la révision s’oriente vers une philosophie qui ne raisonne plus en termes d’erreur, mais d’évaluation, à partir de métriques qui ambitionnent de remplacer la subjectivité de l’intuition par l’objectivité de grilles multifactorielles. La question sous-jacente, dans tous ces cas, étant de savoir si la traduction doit être placée sous le signe de la défectivité, du manque, de la perte, ou au contraire de la valeur ajoutée, du prolongement, de l’élargissement.
Il est donc grand temps de se réinterroger sur la nature, le statut et la fragilité du concept d’erreur, en l’occurrence en traduction. Ce sujet mériterait à vrai dire un colloque international, voir un congrès mondial, mais nous avons préféré l’aborder de manière plus légère et plus diversifiée, fidèle en cela, au principe du Centre d’études de la traduction(CET), qui sont de mobiliser par le lieu commun, de la traduction, des disciplines et des spécialistes, qui, sans elle, continueraient de s’ignorer : traduction, pragmatique, traduction, littéraire, histoire, traitement automatique du langage, psychanalyse, etc., ce qu’on pourrait qualifier de traductologie holistique. Et les organisateurs de cette journée d’études n’excluent pas de donner ensuite à ces réflexions une plus grande extension : colloque international, congrès et publication…
Information et organisation :
Florence Zhang (LCAO/CRCAO) : florence.zhang@u-pariscite.fr
Nicolas Froeliger (EILA/ALTAE) : nicolas.froeliger@u-pariscite.fr
Elise Pestre (IHSS/CRPMS) : elise.pestre@u-pariscite.com
Lieu : Bâtiment des Grands Moulins, Aile C, Salle Léon Vandermeersch (481C), UFR LCAO (voir la plan d'accès)
Esplanade Vidal-Naquet, 75013 Paris
Sur ZOOM ID de réunion: 815 3435 2828, Code secret: 921071
Programme
10h-10h30 Nicolas Froeliger (Université Paris Cité) : De l'erreur comme révélateur pour penser la traduction
10h30-11h30 Marek Kuźniak (Université Wroclaw) : When Does a Translation Error Become Critical? Towards a Calibrated Model of Legal Translation Risk
11h30-12h30 Caroline Rossi (Université de Grenoble), Natalie Kübler (UPCité), José Cornejo Carcamo (Université de Grenoble) : Errare humanum est : regards croisés sur l'erreur en traduction humaine et automatique
14h-15h Myriam-Naomi Walburg (Université de Liège) : Les « erreurs » comme source d’une poétique de l’entre-langues. La mise en discours de la traduction dans des textes littéraires multilingues
15h-16h Vincent Estellon (Université Paris Cité) : L'erreur d'une réussite
16h-16h30 Florence Zhang (Université Paris Cité) : La « gloire » du traducteur : erreur contournée - erreur corrigée
Conclusion Nicolas Froeliger
| Élément joint | Taille |
|---|---|
| 123.16 Ko |