Séminaire du CET

Une thèse à Montpellier : "Une question de style : la métaphore corporelle dans The Rainbow de D.H. Lawrence et ses deux traductions françaises"

Les soutenances de thèse sont publiques, et donc ouvertes à tous. Alors si la traductologie (littéraire, en l'occurrence) et si vous vous trouvez vendredi prochain dans les environs de Montpellier, eh bien, voici une bonne manière d'occuper votre après-midi. Tout est dans la suite de ce message (et quel jury !).

 Vendredi 16 novembre à 14h en Salle Panathénées (site Saint-Charles 2 de l'Université Paul-Valéry Montpellier 3), Aïcha Louzir soutiendra sa thèse de doctorat  intitulée "Une question de style : la métaphore corporelle dans The Rainbow de D.H. Lawrence et ses deux traductions françaises",

devant un jury composé de 
 
Lieven D’hulst, Pr, KU Leuven
Camille Fort, Pr, Université de Picardie Jules Verne (rapporteure)
Nicolas Froeliger, Pr, Université Paris Diderot
Christine Reynier, Pr, Université Paul-Valéry Montpellier 3 (co-directrice)
Adriana Serban, MCF, Université Paul-Valéry Montpellier 3 (co-directrice)
Nathalie Vincent-Arnaud, PR, Université Toulouse-Jean Jaurès (rapporteure)

Nicolas Froeliger

Conférence de Josée Kamoun

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Séminaire « Traduction et Transdisciplinarité »

 

Verres colorés et verres transparents : Quel français aujourd'hui pour un ange noir et juif de Harlem en 1950 ?

C'est la question, éminemment traductionnelle et traductologique, que Josée Kamoun (traductrice, entre autres, de Philip Roth et George Orwell : le nouveau 1984, c'est elle...) posera lors de la réunion de rentrée du Centre d'études de la traduction, le lundi 15 octobre à 17h30, Amphi 4C, Halle aux farines, Université Paris Diderot.

 

En s'aidant cette fois de sa traduction de la nouvelle Angel Levine de Bernard Malamud, où se posait notamment de manière aigüe la question de l'accent... Qu'en dit-elle ? "Angel Levine raconte l'irruption d'un ange noir et néanmoins juif dans la vie d'une sorte de Job contemporain. Cette apparition loufoque et problématique va le conduire (Job) sur les traces de l'ange en question, à Harlem. Là, il découvre une petite communauté juive noire dans une synagogue installée dans une ancienne boutique (!) et quatre Noirs de tous les âges en train de commenter la Torah avec l'accent "noir" - scène surréaliste et hautement cocasse." Oui, mais comment traduire ? Vous le saurez - ou vous contribuerez à le faire savoir en venant nombreux à ce premier séminaire du CET. 

 

Pour en savoir un peu plus sur Josée Kamoun, vous pouvez podcaster son interview dans l'émission "Remèdes à la mélancolie", le 16 septembre 2018, à partir du site de France inter : https://www.franceinter.fr/emissions/remede-a-la-melancolie

 

Et en guise de mise en bouche pour le 15 octobre : 

"Qui êtes-vous?

-S'il m'est permis de me présenter, pour autant que j'en sois capable, je me nomme Alexander Levine.

Malgré ses misères, Manischevitz sentit un sourire naître sur ses lèvres. "Lévine, dites-vous?

-Tout à fait", acquiesça le Noir. 

Pour entrer dans son jeu, le tailleur demanda :"Et... vous seriez juif?

-Toute ma vie je l'ai été de bon coeur."

Le tailleur hésita. Des juifs noirs, il en avait entendu parler, mais c'était la première fois qu'il en voyait un, Drôle d'effet. 

Réalisant que l'homme avait bizarrement employé le passé, il s'enquit, perplexe :"Parce que vous ne l'êtes plus, juif?"

C'est alors que Levine retira son chapeau, révélant ainsi une zone très blanche dans ses cheveux noirs, et le remit aussitôt : "Une désincarnation récente a fait de moi un ange, et c'est en cette qualité que je suis venu vous offrir mes services."

Séminaire 2017-2018 : Conférence de Gwennaël Gaffric

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Traduction - territoire/ décentrer les regards

 

Séminaire « Traduction et Transdisciplinarité »

2017-2018

 

Chroniques du hors-temps : spécificités de la traduction de la science-fiction chinoise

 

Gwennaël Gaffric

 

Le 12 mars 2018, 17h30-19h30, salle 234C, Halle aux Farines

 

 

Au cours de cette présentation, j'essaierai d’interroger à la lumière de mon expérience de traducteur les particularités de la traduction de la littérature de science-fiction chinoise en français.

Je reviendrai dans un premier temps sur le contexte général de l’édition et de la traduction de la science-fiction sinophone dans l’espace francophone, puis j’explorerai plusieurs spécificités de la pratique de la traduction elle-même, à travers plusieurs aspects : la traduction de néologismes, la traduction de concepts et de théories scientifiques, l’intertextualité, la traduction d’une trilogie, la place de l’anglais, l’originalité de la langue chinoise ou encore la question de la « légitimité du traducteur ». Ces observations seront illustrées par de nombreux exemples tirés d’expériences personnelles de la traduction de plusieurs nouvelles et romans de science-fiction chinois et taïwanais, parmi lesquels la trilogie du Problème à trois corps de Liu Cixin.

À travers ces interrogations, seront donc questionnées les contraintes, les stratégies et les libertés offertes par ce genre et les réflexions qu’il permet de susciter sur l’épistémologie de la traduction.

 

Docteur en études chinoises et transculturelles de l’Université Lyon 3 (France), Gwennaël Gaffric a consacré sa thèse aux questions écologiques dans la littérature taïwanaise. Il est actuellement chercheur postdoctorant au sein de l’unité de recherche EASt (East Asia Studies) de l’Université Libre de Bruxelles. Également traducteur littéraire, il travaille sur les littératures contemporaines en Chine, à Hong Kong et à Taïwan, en particulier dans le domaine de la science-fiction. Parmi ses dernières traductions : Liu Cixin, La Forêt sombre, éd. Actes Sud, 2017 et Kao Yi-feng, La Guerre des bulles, éd. Mirobole, 2017.

 

 

 

Séminaire 2017-2018 : Conférence de Régis Salado

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Traduction - territoire/ décentrer les regards

 

Séminaire « Traduction et Transdisciplinarité »

2017-2018

 

 

Traduire Fernando Pessoa en français

 

Régis Salado (LAC, Université Paris Diderot)

avec

Pierre Léglise-Costa, traducteur de Pessoa

 

Le 5 février 2018, 17h30-19h30, salle 234C, Halle aux Farines

 

 

Écrivain polyglotte (portugais, anglais, français), auteur d’une œuvre démultipliée en différentes figures d’auteurs (les fameux hétéronymes), traducteur lui-même (de l’anglais, du français et du portugais), Fernando Pessoa (1888-1935) représente un cas d’étude privilégié pour une réflexion autour de la traduction comme décentrement et transfert d’un territoire linguistique et culturel à un autre. Après une présentation synthétique portant sur l’écrivain dans le contexte des modernités littéraires dont il a été un protagoniste important, ainsi que sur l’histoire des traductions de Pessoa en France, on abordera des exemples précis de traductions en français de divers textes pessoens, en se concentrant sur le corpus traduit par Pierre Léglise-Costa, auteur notamment d’une traduction des poèmes attribués par Pessoa à Álvaro de Campos, représentant majeur du modernisme en langue portugaise, ainsi que du Faust publié à titre posthume. La considération de ce texte dramatique, ainsi que de « L’ode maritime », immense poème de près de 900 vers (le décompte peut varier selon les éditions) qui a donné lieu à une adaptation pour la scène par Claude Régy, permettra d’engager une discussion sur les contraintes spécifiques liées à la traduction pour la scène. 

 

Pierre Léglise-Costa, Professeur à Paris 8 et à l’Institut des Sciences politiques de Paris, professeur invité à Dartmouth College aux Etats-Unis, est l’auteur de nombreuses traductions du portugais en français. De Pessoa, il a traduit entre autres Œuvres poétiques d’Álvaro de Campos (Christian Bourgois éditeur, 1988, volume IV des Œuvres de Fernando Pessoa, en collaboration avec Michel Chandeigne et avec la participation de René Tavernier) et Faust. Tragédie subjective (Christian Bourgois éditeur, 1990, volume VI des Œuvres de Fernando Pessoa, en collaboration avec André Velter). Il est également l’auteur de la première traduction parue en France de l’œuvre du romancier António Lobo Antunes, Le Cul de Judas, publié en 1983 chez Anne-Marie Métailié, maison d’édition pour laquelle il dirige la collection d’auteurs lusophones.

Régis Salado, Maître de conférences en littérature comparée à l’université Paris Diderot consacre ses recherches aux modernités littéraires, singulièrement aux questions de réception, de transfert culturel et d’intermédialité dans les domaines anglo-saxons, portugais et français. Il a publié plusieurs articles sur l’œuvre de Fernando Pessoa.

 

 

 

Séminaire 2017-2018 : Conférence de Nicolas Richard

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Traduction - territoire/ décentrer les regards

 

Séminaire « Traduction et Transdisciplinarité »

2017-2018

 

Nicolas Richard

 

Traduire Pynchon ? 

Le 15 janvier 2018, 17h30-19h30

salle 234C, Halle aux Farines

Syntaxe déboîtée, dialogues condensés et/ou allusifs, adverbisation intempestive du propos, stewardii, Art de Beavre, flatlanders, quadrilaterals, OPPO (Over Priced Piece of Shit), Swedish Fish ? Références en trompe-l’œil, chausse-trappe de l’argot, jargon juridique trafiqué, acronymes réels ou inventés, monde des gnarly waves, des loansharks, yiddish frelaté, techies et lexique du MMOG, calembours non euclidiens, noms propres et blanchiment suspect…

          L’exposé s’appuiera sur des exemples concrets extraits des deux derniers romans en date de Thomas Pynchon, Inherent Vice (2009), paru en français sous le titre Vice Caché ( 2010) et Bleeding Edge (2013) paru en français sous le titre Fonds perdus ( 2014), traduits l’un et l’autre par Nicolas RICHARD. Tâtonner, se tromper, chercher, proposer, chercher encore. Les étudiants sont chaleureusement invités à participer à une séance qui pourra prendre la forme d’un jeu de devinettes.

 

 
 
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