Séminaire du CET

Traduction et Transdisciplinarité - Décembre 2015

07/12/2015
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Approximations et incertitudes dans la traduction littéraire du chinois en français : quelles représentations derrière les mots ?

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Isabelle Rabut
INALCO/ASIEs

Discutant : Rainier Lanselle
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Nombreux sont les défis que la langue chinoise pose au traducteur littéraire. Je m’intéresserai ici au lexique, et plus particulièrement aux verbes de qualité dissyllabiques, dont le sens précis est souvent instable et difficile à saisir.

Dans cette intervention, il sera question non pas tant de l’intraduisible que de l’approximation à laquelle les traducteurs sont condamnés dans bien des cas. J’envisagerai la question non pas sous l’angle pratique de la relation entre le traducteur et le lecteur (comment traduire, pour le faire comprendre au lecteur, tel mot qui n’a pas de véritable équivalent dans la langue d’arrivée), mais sous l’angle cognitif : jusqu’à quel point arrivons-nous à percer le sens des mots, et comment choisissons-nous entre les synonymes ou les traductions plus ou moins paraphrastiques que propose le dictionnaire ? Ces interrogations débouchent finalement sur la question du rapport entre les mots et les représentations, celles de l’auteur comme celles du traducteur.

 

Traduction et Transdisciplinarité - Novembre 2015

02/11/2015
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Translation ou métalangage ?

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Didier Samain
ESPE Paris Sorbonne / CNRS UMR 7597 « Histoire des Théories Linguistiques »

Discussion : Chris Gledhill
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La dimension proprement linguistique du travail de traduction est aujourd’hui intégrée dans un cadre culturel et social large. Cette extension est nécessaire, mais ne répond que partiellement aux apories usuellement associées à cette dimension même, qu’il s’agisse des clichés néohumboltiens (exemplairement, le Sprachgeist ou l’hypothèse dite de Sapir-Whorf), ou d’une expérience de pensée comme la notion quinienne de « traduction radicale ».

La démarche d’un historien des sciences, accessoirement traducteur et donc amené à s’interroger sur la traduction de notions, est par définition différente. Étayée sur des métaconcepts descriptifs (ponctualisation, troncation cognitive, effet de seuil), elle préfère rapprocher le travail du traducteur du mécanisme plus général de reformulation, entre langues mais aussi entre disciplines. Or l’expérience montre que ce mécanisme n’est pas purement entropique, mais s’accompagne simultanément de gains informationnels, et il s’agit là d’un phénomène justiciable d’une approche logique et non pas culturaliste. Ce constat invite à abandonner la représentation traditionnelle de la traduction comme équivalence approchée, et à interroger les présupposés qui sous-tendent la métaphore de la translation.

 

 

Traduction et Transdisciplinarité - Octobre 2015

12/10/2015
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Migrations et interprétation - de nouveaux enjeux pour la traduction ?

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Elisabeth Navarro
UFR EILA, Laboratoire CLILLAC-ARP

Discussion : Elise Pestre
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L’actualité de ces derniers jours, avec les unes de journaux consacrées à l’accueil des migrants montre, s’il en était besoin, que l’Europe, face aux déplacements massifs de populations, migrantes, réfugiées ou exilées, peine à réagir et à offrir des structures d’accueil ou de services d’accompagnement.

Un de ces services est celui de la mise à disposition, lorsque le migrant ne parle pas ou peu la langue du pays d’accueil, d’un service d’interprétation. Ainsi, l’interprète intègre-t-il pleinement depuis une trentaine d’années les lieux du social, du médical, de l’asile, de la psychanalyse, et il y laisse son empreinte.

Cette interprétation, qualifiée parfois de « sociale » ou de « services publics », est singulière à plusieurs niveaux. Tout d’abord car elle inclut dans l’acte de communication l’interprète lui-même : outre son rôle de traducteur, il est bien souvent également coordinateur/médiateur, intervenant ainsi dans le trilogue en tant que troisième interlocuteur ; interprétation singulière aussi car l’acte d’interprétation se double d’un acte culturel puissant. Appelé parfois à expliciter les situations aux orateurs voire à commenter et à justifier sa propre traduction, l’interprète contrevient en apparence au principe déontologique classique d’invisibilité auquel il apporte d’autres périmètres, engage un rapport différent avec les orateurs et ouvre la voie à de nouveaux (des)équilibres de la communication.

Acteur incontournable du paysage social européen c’est par le biais de nouveaux objets conceptuels, protéiformité et nouvel agir traductionnel, que nous envisagerons ce métier qui problématise et exhibe in vivo ce qui relève du politique et de l’idéologique dans tout acte de traduction.