Séminaire du CET

« Ce n’est pas ce que l’auteur a écrit »

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« Ce n’est pas ce que l’auteur a écrit »

« Ce n’est pas ce que l’auteur a écrit »

Le mythe du passeur, le rêve du conteur

Dominique Defert

9 mars 2020, 17h30-19h30

Bâtiment Grands Moulins, salle 479C

 

     Où se place la fidélité au texte original ? Quelle est la demande de l’éditeur, l’attente du lecteur, la « patte » du traducteur ? C’est une question épineuse, souvent litigieuse, où se mêle posture et non-dit, exigence morale et pragmatisme. La ligne est ténue – voire trouble. Chaque phrase, chaque mot, est un cas de conscience. C’est cette réflexion que j’aimerais partager avec vous. Évoquer ce qui doit être fait mais ne peut se dire.

Dominique Defert est traducteur littéraire depuis 1984. Il a traduit 88 romans. Il vit à Strasbourg.

Parcours :

Bac série scientifique, licence géophysique, Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière.

C’est en découvrant ses nouvelles de science-fiction en 1984 que Gérard Klein, directeur de la collection « Ailleurs et Demain » chez Robert Laffont, lui a proposé d’intégrer son équipe de traducteurs.

Traduction :

Il a commencé par traduire des romans de science-fiction : Arthur Clarke, Philippe. K. Dick, Keith Roberts, Gregory Bendford, puis est passé au policier et au thriller (Robert Ludlum, John Grisham, Patricia Cornwell, avec des incursions dans le fantastique (Stephen King, Dean Koontz, Stephenie Meyer).

Il a traduit les derniers Dan Brown, Forteresse digitale, le Symbole perdu, Inferno, Da Vinci Code – Young Adult, Origine, et co-traduit les opus Grey et Darker de la série Cinquante nuances de Grey ainsi que le dernier E L James, Monsieur.

Ses dernières traductions à paraître sont La Sentence de John Grisham et Quantum de Patricia Cornwell.

Il a traduit également des essais et biographies, dont Steve Jobs de W. Isaacson et Mick de C. Andersen, ainsi que des auteurs de littérature générale tel que Karen Dionne (La Fille du roi des marais), Joshua Ferris (le pied mécanique), Anthony Marra (Une Constellation de phénomènes vitaux – Prix des lectrices ELLE)

Il a écrit des scénarios et réalisé plusieurs courts et moyen-métrages, dont VITRIOL, ARTE, 2003.

* L'accès à la salle 479C se fait par l'entrée sur l'Esplanade Vidal-Naquet, Aile C du bâtiment Grands Moulins, étage 4.

 

La traduction révisée : exemples, effets, enjeux

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La traduction révisée : exemples, effets, enjeux

La traduction révisée : exemples, effets, enjeux

 

10 février 2020, 17h30-19h30

Bâtiment Grands Moulins, salle 479C

 

Des diverses pratiques que met au jour l’approche génétique des traductions, la révision-correction n’est certes ni la plus flagrante, ni la plus décisive ; elle n’en constitue pas moins une étape essentielle, presque systématique, dont les enjeux se mesurent à l’aune des tensions, voire des conflits, qui opposent régulièrement le traducteur à son relecteur critique. Que ce dernier soit l’auteur lui-même, l’éditeur ou un réviseur anonyme, les questions soulevées restent de même nature : qui est « l’auteur » de la traduction publiée, et jusqu’où s’étendent ses prérogatives ? Selon quels critères d’évaluation prétend-on juger une traduction ? Quels présupposés sourciers ou ciblistes sont-ils à l’œuvre dans la révision du texte traduit ?

Il arrive qu’un dossier génétique de traduction comporte, en plus des brouillons et de la correspondance avec l’auteur et avec l’éditeur, les notes et commentaires du réviseur. Deux grands cas de figure se présentent alors : la révision heureuse, qui corrige ou améliore le texte et dont chacun se félicite ; et la révision conflictuelle, qui met aux prises le traducteur, l’auteur et le réviseur (quand ces deux derniers ne se confondent pas) dans une lutte parfois féroce visant à asseoir leur auctoritas.

Nous observerons le processus de révisions dans divers contextes, et de deux manières : un tableau synoptique de la pratique illustré d’exemples puisés dans les archives des traducteurs, et un cas de figure particulièrement riche — les manuscrits révisés de traductions de Saint-John Perse par T.S. Eliot, Wallace Folie et Walter Benjamin. 

Esa Christine Hartmann, enseigne la Littérature comparée à l’Université de Strasbourg. Sa recherche porte sur la génétique des traductions (collaboratives) de l’œuvre poétique de Saint-John Perse, le processus créateur des poètes-traducteurs (T.S. Eliot, R.M. Rilke, Saint-John Perse), et l’étude génétique des manuscrits poétiques (Saint-John Perse, Arthur Rimbaud). http://www.item.ens.fr/hartmann/

Patrick Hersant enseigne la littérature anglaise et la traduction à l’université Paris 8. Chercheur à l’ITEM, il y dirige l’équipe « Multilinguisme, traduction, création ». Ses travaux récents explorent les phénomènes et documents qui accompagnent,  précèdent ou constituent la pratique traductive : écrits de traducteurs, correspondances, collaboration avec l’auteur, manuscrits de traductions. http://www.item.ens.fr/hersant/

 

* L'accès à la salle 479C se fait par l'entrée sur l'Esplanade Vidal-Naquet, Aile C du bâtiment Grands Moulins, étage 4.

 

Jeu dans la langue et jeu de mots : la traduction en question(s)

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Jeu dans la langue et jeu de mots : la traduction en question(s)

Jeu dans la langue et jeu de mots : la traduction en question(s)

 

27 janvier 2020, 17h30-19h30

Bâtiment Grands Moulins, salle 479C

 

La traduction des jeux de mots interroge la traduction dans son ensemble, puisqu’elle signale l’existence d’un jeu dans la langue. Ainsi, les questions sont-elles multiples : la polysémie est-elle définitivement irréductible en langue tierce ? L’homonymie empêche-t-elle toujours le calque traductif ? La « visibilité » du jeu de mots ou la multimodalité du texte originel sont-elles obstacles ou au contraire aides à la traduction ? Ce ne sont là que quelques exemples, et les avis divergent, mais se rejoignent sur un point majeur, celui de la qualité de la traduction ; le jeu de mots mérite en effet qu’on s’y arrête, qu’on oublie les stratégies d’omission, en considérant ses fonctions esthétique, poétique et pragmatique à l’échelle du texte. 

Voici quelques-uns des points qui seront abordés (et débattus, on l'espère !) lors de cette séance, avec Frédérique Brisset et Julie Loison-Charles, co-directrices de l'ouvrage Du jeu dans la langue : traduire le jeu de mots, paru en 2019 aux Presses universitaires du Septentrion.

Frédérique Brisset est docteure en études anglophones-traductologie de l’Université Sorbonne Nouvelle et agrégée d’anglais. Maître de conférences honoraire en traduction et traductologie, elle est membre du Centre d’Études en Civilisations, Langues et Littératures Étrangères de l’université de Lille, associée au centre TRAduction et Communication Transculturelle de l’université Sorbonne Nouvelle-Paris. Ses recherches concernent principalement la traduction audiovisuelle, en particulier le doublage, car la traductologie appliquée à l’audiovisuel accentue la visibilité du transfert interculturel, du fait de la multimodalité du « texte » filmique. Elle s’appuie notamment sur l’analyse contrastive, la narratologie et l’herméneutique de la réception. Elle publie et communique en France et à l’étranger (Belgique, Grèce, Canada, Roumanie, Suisse, Pologne, Liban, Espagne) sur ces questions. https://pro.univ-lille.fr/frederique-brisset/

Julie Loison-Charles est Agrégée d’anglais et Maître de Conférences en traduction à l’Université de Lille (Laboratoire CECILLE). Sa thèse portait sur le multilinguisme de Nabokov dans son œuvre américaine. Sa monographie, Vladimir Nabokov ou l’écriture du multilinguisme : mots étrangers et jeux de mots, a été publiée en 2016 par les Presses Universitaires de Paris Ouest. Sa recherche porte principalement sur l’alternance codique (code-switching) en littérature et en audiovisuel et sur sa traduction en français. https://pro.univ-lille.fr/julie-charles/ 

 

* L'accès à la salle 479C se fait par l'entrée sur l'Esplanade Vidal-Naquet, Aile C du bâtiment Grands Moulins, étage 4.